Risques sur l'Epargne Retraite
Rédigé par CIT PIA le . Publié dans Participation, Intéressement et Actionnariat.
Risques sur l’Epargne Retraite
Le niveau des retraites en baisse
Peu de retraités des pays développés échapperont à la baisse notable des retraites.
La France ne fera pas exception. L’Arco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres), gestionnaires des retraites complémentaires des salariés du privé, ont gelé les pensions cette année en ne revalorisant pas par rapport à l’inflation.
L’objectif est de tenter de diminuer les déficits des deux régimes (5,5 milliards de déficit annuel prévus en 2017, contre 8,6 milliards si le gel n’était pas intervenu) et d’éviter ainsi leur faillite à 5 ans.
La situation des retraités se retrouve dégradée. Outre la contribution additionnelle de solidarité (Casa) qui est une nouvelle taxe de 0,3 %, ils vont subir aussi le report de la revalorisation annuelle des pensions de base. Elles ne seront plus indexées par rapport à l’inflation le 1er avril, mais chaque 1er octobre.
Transfert du risque vers le Salarié
Nous avons une tendance, en particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, à remplacer les régimes de retraites à prestations déterminées (le niveau de pension à verser au salarié épargnant est prédéfini), par des régimes de retraite à cotisations déterminées (seul le niveau de contribution de l’employeur est prédéfini), permettant de transférer le risque d’investissement de l’employeur vers le salarié.
Un point important est à noter : la faiblesse des taux d’intérêt met en difficulté les fonds de pensions qui doivent verser les retraites. Cette faiblesse du taux d’intérêt accroît mécaniquement les engagements des régimes de retraites à prestations déterminées car elle augmente la valeur actualisée des prestations futures. Les affiliés aux régimes de retraite à cotisations déterminées doivent s’attendre à une baisse de ces prestations.
La baisse programmée des taux de remplacement est une réalité que les nouvelles générations commencent à intégrer. Il n’y a pas d’alternative entre répartition et capitalisation, mais une complémentarité. L’Epargne Salariale en constitue la brique la plus importante. Cependant pour lui permettre de se développer, il faut lui donner une stabilité des dispositifs dans le temps. Nombre d’entreprises ont renégocié à la baisse leurs accords de participation, d’intéressement, ou leur politique d’abondement en réaction à la création du forfait social, qui est passé de 2 % en 2009 à 20 % en 2013.