France Télécom engage une réorganisation : les syndicats pointent un risque de vision à court terme.

C’est le grand chantier social de l’année 2012 chez France Télécom : l’ex-monopole des télécommunications veut réformer son secteur recherche et développement. A partir de jeudi 16 février, sera lancé le processus d’information consultation du comité d’entreprise.

A l’échelle du groupe (100 000 salariés en France), les effectifs concernés sont modestes : 4 500 salariés, selon la direction, 2 800 selon les syndicats, qui ne comptent pas les 1 000 personnes des laboratoires étrangers (Pékin, San Francisco, Varsovie, etc.) et les équipes marketing affectées aux projets innovants. Les chercheurs sont essentiellement basés à Lannion (Côtes-d’Armor), Issy-les-Moulineaux et Châtillon, en région parisienne.

La réforme est néanmoins stratégique. La direction veut rendre la recherche plus efficace dans un environnement hyperconcurrentiel, où l’innovation fait la différence et où France Télécom a perdu le leadership technologique, au tournant des années 2000….

….En cause, principalement, des lourdeurs administratives : jusqu’à 40 comités doivent être réunis avant qu’un projet n’obtienne le feu vert.  » Nous devons moderniser nos modes de fonctionnement, rendre la recherche plus efficace, plus claire dans ses objectifs », ajoute M. Richard….

….Le groupe a été humilié par Free, qui, avec quelques dizaines d’ingénieurs, a réussi à lancer sa Box internet avec deux ans d’avance (en 2002). Le « bide » du téléphone Unik, à la fois Wi-Fi et 3G, en 2006, a laissé des traces. Beaucoup de chercheurs reconnaissent que c’est de chez Apple, Google ou Skype que viennent les services grand public les plus innovants.

Pourtant, « les équipes sont inquiètes, elles ont peur pour leur métier », selon Philippe Méric, du syndicat SUD. « La recherche va être diluée, elle va perdre son autonomie », redoute René Leyral, de SUD, à Issy-les-Moulineaux. « Le problème de la recherche, c’est surtout que nos managers manquent de vision », dénonce Jean-Marie Roux, délégué CFE-CGC à Rennes.

Certains s’inquiètent même de la pérennité de la recherche. « Le risque, c’est que les opérateurs l’abandonnent aux équipementiers télécom (du type Alcatel-Lucent) », selon Pascal Trochet, délégué SUD.  » Nous garderons de la recherche fondamentale », assure pourtant M. Richard…

 Extrait : AFP, Le Monde.fr – Cécile Ducourtieux – 16/02/2012


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