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Des documents révélés par Edward Snowden et étudiés par le quotidien Le Monde soulignent le rôle de l’opérateur France Télécom/Orange dans la collecte de données pour le compte des services de renseignement français durant des décennies.

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) puisait librement, et de toute apparence de manière totalement illégale, dans les données des clients d’Orange.

Le Monde s’appuyait sur des documents des services secrets techniques britanniques GCHQ extraits des archives de la National Security Agency(NSA) par Snowden. Ils démontrent, selon le quotidien, que la coopération entre la DGSE et l’opérateur «est portée par des personnes habilitées secret-défense, au sein de l’entreprise, et pérennisée, depuis au moins trente ans, par des ingénieurs, qui font la navette entre les deux institutions».

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Ces révélations soulignent de nouveau la mauvaise foi des manœuvres réactionnaires du Parti socialiste (PS) dans l’affaire Snowden. À la suite des révélations de Snowden, le parlement sous majorité PS a adopté en novembre 2013 la loi de programmation militaire, rendant légaux les échanges d’informations entre les sociétés et la DGSE. Cette loi autorise la surveillance des communications téléphoniques et internet en temps réel, sans intervention d’un juge.

En fait, cette pratique se déroulait déjà, avec la complicité de l’État et de la bureaucratie syndicale, sans la couverture politique réactionnaire offerte par la loi votée par le PS. Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC de France Télécom-Orange a confirmé l’information du Monde: «Le recueil massif de données par les Etats, lui, n’obéit à aucune loi. Les opérateurs, quelle que soit leur taille, n’ont pas les moyens de résister. Etre opérateur, c’est bien plus qu’on ne le croit une fonction de souveraineté nationale. Et ce, dans tous les pays. ».

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Ces déclarations de Crozier soulignent avant tout le fait qu’Orange et les syndicats Orange n’ont tenté ni une défense de leurs clients, ni une défense devant les tribunaux de leurs propres intérêts contre d’éventuelles manœuvres de rétorsion de l’État. Avec l’ensemble de la classe politique, ils sont complices d’une vaste opération d’espionnage dirigée contre les travailleurs.

Extrait source : Mondialisation.ca – 7 avril 2014 – Anthony Torres

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