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Même s’il nie avoir demandé le départ de Stéphane Richard en cas de mise en examen dans l’affaire Tapie, le ministre du Redressement productif déstabilise le groupe coté en Bourse. Laurence Parisot, patronne du Medef, juge ses propos «inadmissibles, irresponsables et choquants».

Après les révélations dérangeantes du Monde.fr sur la volonté d’Arnaud Montebourg d’obtenir la démission du patron d’Orange Stéphane Richard s’il était mis en examen, le cabinet d’Arnaud Montebourg a réagi jeudi en milieu de journée. Dans un communiqué, les collaborateurs du ministre du Redressement productif précisent en effet que ce dernier «n’a pas fait de déclaration au Monde sur l’affaire Tapie-Lagarde. À ce jour, personne n’est mis en examen.

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Arnaud Montebourg doit «prendre en compte les lois de la République»
Dans ce contexte, l’article du Monde a provoqué la colère de certains syndicats du groupe. «Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne», avait aussitôt réagi Sébastien Crozier, secrétaire général du syndicat CFE-CGC d’Orange, dénonçant «des propos très déstabilisateurs pour le groupe».

« Arnaud Montebourg devrait prendre en compte les lois de la République. Une éventuelle mise en examen vaut présomption d’innocence. On ne déstabilise pas une entreprise qui fait 50 milliards d’euros et emploie 100.000 personnes en France pour des intérêts politicards», avait déclaré au Figaro Sébastien Crozier. «Notre syndicat est complètement derrière Stéphane Richard. Il n’a sans doute pas toutes les vertus, mais il a mis fin à la crise sociale et essaie de piloter l’entreprise au jour le jour dans un contexte concurrentiel très difficile. Face à lui, Arnaud Montebourg n’a rien fait, en un an, pour le secteur des télécoms», avait-il ajouté. Et d’observer «qu’un tiers des patrons actuels du CAC 40 sont, ou ont été, mis en examen».
Les déclarations rapportées par Le Monde ont choqué.

Cela revenait, pour le ministre, à nier une nouvelle fois les règles de gouvernance d’Orange, entreprise cotée en Bourse, comme il l’a déjà fait en intervenant directement sur le dossier Dailymotion. Certes, l’État possède encore près de 27% du capital de l’entreprise. Mais c’est au conseil d’administration, où l’État dispose de trois représentants sur 13 membres, de faire entendre sa voix. «C’est encore un effet de manche de M. Montebourg. Il nous y a déjà habitués», avait réagi la députée (UMP) Laure de La Raudière. «Si Stéphane Richard était mis en examen, ce serait au conseil d’administration de débattre du sujet et de prendre la meilleure décision dans l’intérêt de l’entreprise Orange.»
Des propos «inadmissibles, irresponsables et choquants» pour Laurence Parisot
«Sous réserve que ces propos aient effectivement été tenus, ils sont pour moi inadmissibles, irresponsables et choquants», a déclaré Laurence Parisot, patronne du Medef, au Figaro. «Il est inadmissible qu’un ministre puisse préjuger d’une hypothétique décision qui n’appartient qu’aux juges. Il est irresponsable de tenir de tels propos, car ils peuvent déstabiliser l’entreprise.

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La précision du cabinet d’Arnaud Montebourg – qui n’est pas un démenti – est-elle une façon de calmer le jeu? Le ministre au tempérament d’électron libre s’est-il fait rappeler à l’ordre? Stéphane Richard, dont le mandat arrive à échéance l’an prochain, a toujours reçu l’assurance tant du gouvernement que de l’Élysée, de pouvoir mener à bien sa mission jusqu’à son terme.

Extrait: Le Figaro – Marie-Cécile Renault – 7 juin 2013


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