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Empêtré dans l’affaire Tapie, le PDG de l’opérateur téléphonique fait campagne pour une reconduction qui s’annonce beaucoup moins assurée que prévu. Ces derniers mois, il a choyé ses salariés et donné des gages aux élus comme aux ministres. Une véritable « opération de charme ».

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« Je suis venu te dire que je m’en vais. » La célèbre ritournelle de Serge Gainsbourg vient de s’achever à la Maison de la Mutualité, à Paris, en ce début de novembre, lorsque le PDG d’Orange, Stéphane Richard, entre en scène. A quelques mois de la fin de son mandat, les paroles de la chanson ont de quoi faire sourire l’assistance. Un peu moins le patron, peu pressé de faire ses « adieux à jamais ».

Sans doute le programmateur musical, Julien Civange, témoin de coeur de Carla Bruni-Sarkozy lors de son mariage, n’a-t-il pas pensé à mal. « L’important réside dans le message qu’a voulu adresser Stéphane », botte en touche, un rien gêné, l’un des artisans de ce show, le communicant Stéphane Fouks, d’Havas Worldwide.

Ce jour-là, impavide, Richard se tient devant un origami géant sur lequel défilent des images. Chemise blanche, col ouvert, il va rester seul en scène. Une façon de rappeler qui est le chef. « Comprendre ce secteur et ses innovations perpétuelles prend du temps, il n’aurait pas pu réaliser ce genre d’exercice à son arrivée », estime Yves Le Mouël, directeur de la Fédération française des télécoms (FFT).

Le patron déroule son texte – sa vision du groupe et ses orientations – rédigé par sa plume, Jérémie Dutray. Un trentenaire qui le suit depuis Bercy. En lien constant avec les cabinets ministériels, ce proche a bien fait passer le message soufflé par les plus hautes instances gouvernementales : le temps est venu pour Stéphane Richard d’afficher une stratégie claire.

En pleine campagne pour sa reconduction
Arrivé en pleine crise des suicides, en 2009, il a, certes, su gagner la paix sociale et éteindre la grogne syndicale. Mais ce bilan ne suffit pas encore à convaincre l’Etat, premier actionnaire, de lui renouveler sa confiance.
Pourtant, le temps presse, car son mandat touche à sa fin. Une résolution sur sa reconduction devrait être présentée dès mars 2014 par le conseil d’administration.

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Déstabilisé par l’arrivée de Free sur le marché et par un environnement politique mouvant en Afrique et au Moyen-Orient, le groupe a vu son chiffre d’affaires s’éroder ces deux dernières années. Plombé, en outre, par un endettement supérieur à 30 milliards d’euros, l’opérateur dispose d’une marge de manoeuvre réduite pour se lancer dans de grands projets comme un rapprochement avec son homologue allemand, Deutsche Telekom, valorisé deux fois plus qu’Orange.

Un schéma auquel rêve pourtant le gouvernement français. Richard a déjà fort à faire avec ses activités en Pologne et en Egypte. Sans oublier la France. « Dans ce contexte, ce serait une bonne nouvelle en interne de jouer la carte de la continuité », estime Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC,…

Extrait, source : L’Express – Emmanuel Paquette (avec Corinne Scemama, en Israël) – 17/12/2013

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