L’enchaînement d’un été torride et d’un hiver sous la menace d’une pénurie d’énergie nous met à rude épreuve, mais a cependant une vertu : nous sommes de plus en plus nombreux à être convaincus de la nécessité de mettre en œuvre une transition énergétique et environnementale efficace, sans plus attendre.

Le numérique : une empreinte environnementale croissante

 

Tous les secteurs économiques se numérisent. Dès lors, il est de plus en plus utile d’identifier l’impact environnemental du numérique. Même si les chiffrages diffèrent, les études disponibles permettent de dégager quelques constats partagés.

À l’échelle mondiale, selon les analyses de GreenIT, entre 2010 et 2025, l’empreinte environnementale du numérique passerait de 2,5 % à presque 6 %, celle des émissions de gaz à effet de serre de 2,2 % à 5,5 %.

Selon le rapport de l’Arcep (régulateur français des télécoms) « pour un numérique soutenable » (décembre 2020) :

  • Sur l’ensemble du cycle de vie, les terminaux ont la plus forte empreinte environnementale (de l’ordre de 80 %), non seulement en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) mais aussi en utilisation de ressources naturelles (métaux, terres rares, eau…).
    Augmenter leur durée de vie, les réparer, les reconditionner et enfin les recycler, sont autant de priorités, auxquelles tous les acteurs concernés doivent s’atteler.
  • Les usages représentent autour de 15% de l’empreinte, la vidéo étant l’un des plus émetteurs, même si les calculs précis sont controversés.
    Ce qui est préoccupant, c’est l’effet rebond : à chaque amélioration de la qualité des réseaux (bande passante, rapidité, disponibilité sur les territoires), les usages croissent significativement, effaçant les efforts réalisés pour améliorer leur efficience énergétique.
    Et si le numérique permet d’optimiser l’utilisation d’équipements existants dans d’autres secteurs d’activité, par exemple via le développement de plateformes de vente de seconde main ou le co-voiturage, il reste difficile d’évaluer si la facilité d’usage de ces services n’engendre pas elle aussi des effets rebonds.
  • Les réseaux proprement dits représentent 5% de l’empreinte environnementale du numérique.
    Mais leur existence entraîne les autres consommations.

Les opérateurs de télécommunications, loin de maîtriser tous les éléments de la chaîne, sont des acteurs clefs : ils interagissent avec tous les autres, des fournisseurs d’équipements et terminaux aux fournisseurs de services, et bien sûr avec les utilisateurs finaux, nos clients grand public et professionnels. Au cœur de notre métier, la conception, le déploiement et l’exploitation des réseaux fixes et mobiles doivent évidemment faire l’objet d’une minimisation constante de leur empreinte environnementale et de leur consommation d’énergie (l’électricité est le premier intrant de notre activité).

Pour aller plus loin

Eco-anxiété, nouveau mal du siècle ?

Les personnels du Groupe sont de plus en plus conscients de cet impact et de cette responsabilité. Au point pour certains de s’interroger sur l’utilité réelle des services que nous proposons, voire de remettre en question l’évolution des technologies mises en œuvre par le Groupe Orange (on se souvient de la polémique sur la 5G). Si tout le monde ne va pas aussi loin, nous sommes toutes et tous devenus plus sensibles aux conséquences de notre activité sur les plans écologiques et sociétaux. Au moment où nous sommes, en tant que citoyens, appelés à faire nos meilleurs efforts pour limiter nos consommations d’énergie et nos émissions carbone, il est logique que nous nous interrogions aussi sur nos pratiques professionnelles. Ce à quoi je contribue chaque jour n’est-il pas une partie du problème ? À quoi sert-il que je fasse l’effort de venir au bureau à vélo si c’est pour contribuer à émettre des quantités croissantes de carbone par mon activité professionnelle ?

Les nouvelles générations sont les plus préoccupées par l’impact environnemental des activités humaines et le changement climatique, car elles y seront pleinement exposées. Mais le besoin d’exercer une activité qui a du sens dans une entreprise responsable se développe pour tous les personnels.  

Parfois, cela peut aller jusqu’à l’éco-anxiété, et le sujet est de plus en plus pris en considération. Ce n’est pas une maladie mentale… tout au contraire, c’est plutôt une saine réaction face à une réalité que nous découvrons chaque jour plus concrète, mais aussi plus complexe, où les solutions pertinentes à mettre en œuvre ne vont pas forcément de soi, et font débat. Les chercheurs qui se sont penchés sur la question, notamment à l’Inserm, ont également mis en évidence que « participer à des actions collectives en faveur du climat est le meilleur rempart contre l’anxiété ».

Pour aller plus loin

Extrait de la Lettre Comprendre & Agir RSE #1/2023. 


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