Le 22 octobre, les salariés de France Télécom Orange sont appelés à élire trois représentants au Conseil d’administration du groupe.
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Un syndicat sur le pied de guerre.Un syndicat en colère. Après avoir quitté la table des négociations avec la direction de France Télécom, la CFE-CGC/UNSA fait cavalier seul. Lors d’une conférence de presse donnée mercredi, le syndicat a tenu à clarifier sa position et ses différences dans une période de crise aigüe au sein du groupe. Et la nouvelle tentative de suicide par pendaison d’un homme à Marseille, touché par la mort de son collègue de Draguignan, vient rappeler un peu plus l’urgence sociale. « Il s’est raté, il faut reconnaître qu’il n’était pas très bon dans l’organisation des nœuds coulants« , plaisante Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC/UNSA. Devant l’étonnement de quelques journalistes présents, il poursuit: « ça peut choquer, mais je vous assure qu’en ce moment on a besoin de ça« . L’humour est certes noir mais il fait mouche.
Au cœur du problème selon la CFE-CGC/UNSA, une politique exclusivement financière du groupe au détriment d’un véritable projet industriel. « Un emploi sur quatre a été supprimé en cinq ans, ce qui entraîne des réorganisations permanentes« , explique Crozier. La logique de France Télécom est à la délocalisation et la sous-traitance. « Aujourd’hui, il n’y a plus un centre d’appel ouvert après 20h ou le dimanche. Pourquoi? Cela coûte trop cher avance la direction, donc on délocalise », résume Crozier qui se demande « si la France n’a pas vocation à devenir uniquement un pays touristique et de se demander quel modèle de société nous voulons? ». Le sentiment de nombre de salariés de France Télécom, c’est celui d’une « inutilité sociale » dû au reclassement ou à des mutations incompréhensibles.
« Sur le cul«
Et si la CFE-CGC/UNSA est à l’heure actuelle le seul syndicat à avoir quitté la table des négociations, c’est parce que « la crise morale traversée ne sera pas réglée par les négociations actuelles sur le stress« . Ce que veut le syndicat, c’est un véritable « Grenelle social ». …
…, Sébastien Crozier tranche: « On préfère le paternalisme plutôt que l’hystérie financière« . Et pour cela, la CFE-CGC/UNSA est claire: « Didier Lombard n’est pas crédible. Nous voulons un nouvel interlocuteur. »
Le syndicat a le sentiment que les salariés vivent de véritables censures. Il ya sept jours, un site internet d’expression des salariés,
www.reagirensemble.org, a été interdit sur l’intranet de France Télécom. La direction l’a qualifié de « site pornographique« . « On est sur le cul, sans jeu de mots« , ironise à peine Sébastien Crozier. Par ailleurs, tous les mails envoyés par la CFE-CGC/UNSA aux salariés sont requalifiés en « junk mails » et envoyés directement à la poubelle, précise le syndicat. « La Corée du Nord est plus libre en termes d’internet« …
Extrait : Jérôme Guillas – leJDD.fr – mercredi 14 Octobre 2009