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Les syndicats de France Télécom ont relevé six suicides depuis le début de l’année, contre 27 en 2010. Des chiffres à manier avec prudence, mais qui pourraient témoigner d’un changement d’atmosphère dans le groupe.

Ce jeudi, France Télécom a publié son « baromètre social », une étude menée deux fois par an auprès des salariés. Ceux-ci seraient désormais 84% à estimer que les conditions de travail sont aussi bonnes, voire meilleures, que dans d’autres entreprises. Tout n’est pas réglé, a admis le DRH, mais « nous sommes sortis du traumatisme ».

Le « baromètre » de la direction ne fournit pas d’indications sur les suicides, mais les syndicats continuent à les recenser, via leur Observatoire du stress. Leurs chiffres semblent confirmer le constat de la direction :

2008 : douze suicides recensés, deux tentatives ;

2009 : 19 suicides, quinze tentatives ;

2010 : 27 suicides, seize tentatives ;

2011 : six suicides et six tentatives depuis janvier.

Comme l’avait déjà expliqué Eco89, ces chiffres doivent être interprétés avec précaution. Ils reposent sur les informations transmises − ou pas − par les syndicalistes locaux, et peuvent donc être incomplets. Surtout, impossible d’affirmer avec certitude que ces suicides ou tentatives de suicide de salariés sont tous directement liés au travail.

Pour les syndicats, « on a arrêté la politique de déni »

Ces chiffres semblent pourtant dégager une tendance. Sur une année complète, le nombre de suicides recensés à France Télécom a presque diminué de moitié : 14 entre septembre 2010 et août 2011, contre 26 sur la même période un an plus tôt.

Pour Sébastien Crozier, délégué syndical central CFE-CGC à France Télécom, la situation reste « fragile ». Mais elle s’est effectivement améliorée depuis le départ du PDG Didier Lombard, en février 2010, et son remplacement par Stéphane Richard :

« Stéphane Richard a arrêté les suppressions massives d’emplois et les mobilités forcées, ce qui a diminué le sentiment d’inutilité sociale au sein du groupe. La seconde raison, c’est qu’on a arrêté la politique de déni. La direction reconnaît désormais certains suicides comme des accidents du travail. »

Extrait :  Eco89 – François Krug – 15 septembre 2011


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