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Comme je l’ai souvent dit, toujours illustré et parfois démontré, il ne faut jamais négliger de prendre garde aux mots qui commandent souvent aux personnes et aux choses.

Le procès qui vient de s’ouvrir sur les suicides de France Telecom commence certes, quelque peu tardivement faut-il le souligner, mais par là il illustre une fois de plus les lenteurs de notre justice ; il met en scène et en vedette Didier Lombard qui fut le PDG de cette société à l’époque des faits allégués.

Le nom même de « Lombard » aurait pourtant dû inciter à la prudence si l’on avait eu l’idée, toujours excellente, de consulter sur ce terme mon cher Trésor de la langue française. On y lit en effet, sous « lombard »

« Notation lombarde. Ancienne notation musicale. La notation lombarde, qui se compose des mêmes éléments que la précédente [la notation saxonne], mais dont les formes sont plus arrêtées (F. CLÉMENT, Hist. gén. mus. relig., 1860, p. 41).

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Thierry Breton, ne cédant son fauteuil directorial à Didier Lombard que pour être nommé ministre de nos finances par Nicolas Sarkozy, on ne saurait assurément imaginer une quelconque erreur ou incapacité de sa part ! Quant à Didier Lombard il offre lui aussi toutes les garanties académiques et administratives imaginables : polytechnicien (Promotion 1962) et issu de l’École nationale supérieure des télécommunications, il est également docteur en économie et ingénieur général des télécommunications. Foutre ! N’en jetez plus !

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Le 27 février 2005, Didier Lombard succède donc à Thierry Breton à la tête de France Télécom. Il poursuit la politique de réorganisation du groupe définie par Thierry Breton.

Le projet de réorganisation présenté et mis en œuvre par Didier Lombard consiste pour l’essentiel à ce que l’on nomme, pudiquement et joliment chez nous, « un plan social » ; ce « Plan Next » consiste dans la suppression de 22 000 postes et la mobilité de 10 000 travailleurs sur trois ans (2006-2008).

Il faut dire que le nouveau patron ne mâche pas ses mots et n’y va pas de mainmorte. En 2006, il présente ainsi son plan de restructuration de France Télécom lors d’une réunion devant 200 cadres de l’entreprise : « Il faut qu’on sorte de la position « mère poule ». […] En 2007, je ferai [les 22000 départs] d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre [ Il ne croyait pas si bien dire … évoquant par avance la trentaine de suicides !] ou par la porte. »

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Les choses s’accélérant (Dieu seul sait pourquoi !) le 4 juillet 2012, Didier Lombard est mis en examen pour harcèlement moral. La justice lui reproche sa politique de gestion des ressources humaines qui aurait conduit à la vague de suicides chez les employés de France Télécom durant sa présidence.

Peu soucieux du moral de ses employés, D. Lombard veille en revanche jalousement sur ses intérêts propres ! Resté à peine 24 heures en fonction comme conseiller du PDG, il a pu faire réactiver ses 300 000 stocks options à faire valoir jusqu’en 2017.

Il cumulerait ainsi sa retraite de haut fonctionnaire et une « retraite-chapeau » évaluée à plus de 325 000 euros par an.

Hélas, en novembre 2014, la CFE-CGC porte plainte au pénal alléguant « le caractère illégitime, voire illégal, de la retraite chapeau perçue par l’ex-PDG de France Télécom-Orange depuis 2011, pour un montant annuel de 346.715 euros en sus de nombreux autres émoluments », au motif que le contrat de retraite supplémentaire a été conclu après le départ de Didier Lombard de l’entreprise France Télécom.

Source extrait : Mediapart – Robert Chaudenson – 9 juillet 2016


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