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Les trois ex-dirigeants, dont le PDG du géant des télécoms, comparaissent à partir d’aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010.

Un sentiment de vertige. Plus de dix ans après les faits, les victimes et les familles percutées par la crise sociale inédite chez France Télécom voient enfin s’ouvrir aujourd’hui ce procès-fleuve et historique. Celui d’un épisode emblématique de la souffrance au travail. Entre 2007 et 2010, une soixantaine de suicides de salariés et d’agents avaient été recensés. De nombreuses personnes avaient tenté de mettre fin à leurs jours. Certains avaient sombré dans de graves dépressions. Une déflagration médiatique avait alors révélé la profondeur du malaise dans les murs de l’opérateur des télécoms. Derrière cette hécatombe, le plan de réduction du personnel Next incarne la transformation de France Télécom à marche forcée. Instauré en 2005, il prévoyait 22 000 suppressions de postes dans l’entreprise, 10 000 mobilités et 6 000 recrutements.
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Comme l’explique maître Frédéric Benoist, avocat de la CFE-CGC et de parties civiles, « il est important de montrer qu’il n’y a pas d’impunité. Les ex-responsables sont toujours dans un processus d’autosatisfaction hallucinant. Ils étaient obnubilés par la réduction de la dette de France Télécom et l’augmentation du chiffre d’affaires ».
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Pour Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC, c’est aux dirigeants de payer. « S’il est condamné, Didier Lombard doit indemniser les victimes, comme il touche 350 000 euros de rente par an. Il a exercé la violence sociale dans un groupe qui allait bien. Et quand les suicides se sont accumulés, il a parlé de “la mode des suicides”, évoqué un complot syndicalo-médiatique. Dans les hautes sphères, le plan Next était rebaptisé en blaguant la nouvelle extermination. »
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En 2007, avec le concours de syndicalistes de tous bords et de scientifiques, SUD et la CFE-CGC créent l’Observatoire du stress et des mobilités forcées pour recenser les cas de suicides et mener des enquêtes. Certaines catégories, les agents de plus de 50 ans, apparaissent comme très touchées par le plan Next.
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Lire l’article complet dans l’Humanité ( pour les abonnés)- Cécile Rousseau – 06/05/2019
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