Grands comptes à SCE : fusion de LP et DGC !

La direction a préparé, seule dans son coin comme d’habitude, la fusion et la réorganisation des deux directions qui gèrent les grands comptes : la Direction des Grands Comptes (DGC) et Large Projects (LP). Objectif affiché : fidéliser les clients et booster la vente des offres de Cloud computing, pour retrouver la croissance du chiffre d’affaires. Conséquence évidente : tout le monde n’y retrouvera pas forcément une place !

Obliger à la transparence

La Direction a présenté sa décision directement aux personnels fin octobre, de manière très succincte, avec l’objectif de la mettre en place très vite, au 1er janvier 2013. Le projet a fait l’objet d’un CE extraordinaire mi-novembre, mais la direction cherche à réduire au minimum le travail avec vos représentants au CE et dans les CHSCT ; ce projet concerne pourtant 1000 personnes, sur plus de 10 sites, avec une trentaine de métiers différents !La Direction des Grands Comptes se transforme en Direction des Grands Clients.

La nouvelle entité

Cette nouvelle DGC comprend la création des directions suivantes :
• 4 « Secteurs Commerciaux » – Industrie, GI, CTM et BA[1]. L’agence ITS disparait et ses équipes sont réparties entre les secteurs Industrie et CTM.
• une « Direction des Comptes Intégrés » qui regroupe 8 très gros clients, « à fort potentiel » comme l’indique la direction. Ils seront revus chaque année, en fonction des affaires les plus importantes et des choix stratégiques de l’entreprise.
• une direction « Projets et Services Grands Clients » qui reprend une trentaine des contrats portés aujourd’hui par LP. Les ASM et les RFC [2] – actuellement en agence – rejoignent cette nouvelle direction.
S’y ajoutent 4 directions transverses : la Lob Santé, la Direction du Développement et des Partenariats Commerciaux, business Operations & Support (BOS) qui regroupe le Proposal Center et l’entité Presales France de LP, et enfin la Direction Avant-vente.

1000 personnes avant, combien après ?

Sur l’organisation concrète des emplois et des métiers, la direction est peu loquace et il faut insister beaucoup pour lui arracher des éclaircissements.
Nous ne connaissons toujours pas le nombre exact de postes susceptibles d’accueillir les personnels dans les nouvelles entités ; c’est d’autant plus inquiétant que la direction a mentionné – presque en passant – qu’elle procédera à des « assessments » sur les postes de managers, une fonction qui est directement impactée par la nouvelle organisation. Assessment ? Derrière cet anglicisme et des explications rares et obscures, il faut tout simplement comprendre que l’entreprise procédera par recrutement.
Les managers devront postuler comme ils le feraient auprès d’une entreprise externe. Pour la nouvelle « Direction des Comptes Intégrés », les recrutements seront même assurés par un cabinet externe !
Les managers risquent aussi de faire les frais du rapprochement de certains métiers avec des classifications différentes. Exemple : à la direction du « Développement et des Partenariats Commerciaux », le métier de Business Devloper et celui de Business Partner sont fondus.

Les parts variables : vigilance !

Autre point important : l’impact sur les parts variables et leur mode de calcul. La rémunération fait l’objet d’un des 10 chantiers de travail mis en place par la direction : nous avons bien l’intention de mettre à plat les systèmes de rémunération actuels à DGC et LP et de suivre leurs évolutions. Nous saurons rappeler à la direction que, dans le cadre de cette réorganisation, la loi lui impose de maintenir des niveaux de rémunérations équivalents. Tout changement collectif des rémunérations variables donnera lieu à une consultation préalable du CE, au premier semestre 2013.
D’ici là, tous les personnels gardent leur part variable à l’identique.
Les lieux de travail demeureraient, à ce jour, inchangés, d’après la direction. Mais tout peut évoluer…

Ce que nous ne voulons pas:
– que cette fusion laisse des salariés « sur le bord de la route »
– qu’elle entraine déclassement professionnel, perte d’autonomie, appauvrissement des tâches ou diminution de revenus

La CFE-CGC/UNSA revendique

  • Le détail de tous les emplois et métiers avant et après la réorganisation
  • Les accompagnements et les parcours de professionnalisation poursuivis et renforcés pour permettre les passerelles entre métiers
  • Le reclassement des salariés, si besoin, pour qu’ils ne se retrouvent pas sans poste ou sur des missions sans fin, comme ce fut déjà le cas dans des réorganisations précédentes
  • Le maintien des rémunérations en incluant la part variable, composante essentielle de la rémunération des commerciaux
  • La poursuite des promotions pour les salariés et les managers concernés, qu’une évolution d’organisation ne doit pas freiner ou bloquer
[1] GI : Gouvernement et Institutions – CTM : Commerce, Transports, Tourisme et Média – BA : Banques et Assurances – ITS : Informatique Technologies Services.
[2] ASM : Account Services Manager – RFC : Responsable Facturation Clients

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