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Les mots sont violents et montre une détermination sans faille qui fait froid dans le dos.

Un document interne de France Telecom, daté de 2006 et publié ce mardi par Le Parisien, témoigne de la violence sociale qui régnait au sein du groupe entre 2006 et 2008, et qui avait abouti à une vague sans précédent de suicides de salariés.

Selon ce compte-rendu d’une réunion de cadres de l’entreprise, le PDG de l’époque, Didier Lombard, évoque en des termes très crus l’objectif de réduction des effectifs : « En 2007, je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte ». « Il faut qu’on sorte de la position mère poule (…).

Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé. C’est notre seule chance de faire les 22 000 » suppressions de postes programmées dans le cadre du plan Next, qui visait à réduire les effectifs entre 2006 et 2008. Remplacé début 2010, Didier Lombard s’était déjà illustré en parlant de « mode des suicides » au sein de son entreprise.

Être « plus dirigiste » pour réussir à supprimer 22 000 postes
Pour Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC de France Telecom, « ces documents sont l’illustration que la disparition des emplois était planifiée, et ceci quelle que soit la violence qu’il était nécessaire d’employer. Il est tout à fait dans la logique des anciens dirigeants de vouloir faire disparaître les preuves accablantes ».

Car selon Le Parisien, il existe deux versions de ce document.

Lorsqu’ils ont appris que la réunion avait été enregistrée, certains responsables auraient cherché à le faire disparaitre, demandant à la secrétaire de le détruire. Dans le document officiel remis aux cadres, la dernière partie de la phrase (« par la fenêtre ou par la porte ») sera alors supprimée. Selon Sébastien Crozier, il est d’ailleurs « interpellant qu’il y ait une atténuation des propos » car cela montre « qu’il y a des gens qui ont pris conscience de l’étendue des dégâts » à l’époque.

… 

Extrait : Philippe Gril avec AFP et BFMTV / RMC.fr – 7 mai 2013


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