Conclusion du rapport :

« Engage2025 annonce l’intensification des transformations de l’entreprise pour les années à venir, [et] une entreprise profondément remaniée en 2025. Les mots « réinventer, accélération, innovation » y font écho.L’accompagnement annoncé pour ces transformations est centré majoritairement sur l’évolution des compétences, notamment dans des domaines aussi spécifiques que celui de l’IA. Les médecins expriment des craintes quant aux possibilités pour le plus grand nombre d’acquérir et de mettre en oeuvre ces nouvelles compétences, et ce, au-delà de l’aspect générationnel. […]

L’annonce de ces transformations permanentes fait écho à celles qui viennent d’être mises en oeuvre et [qui] déstabilisent encore un certain nombre de salariés.

L’univers des UI a été fortement impacté : l’augmentation importante de la sous-traitance est, à ce sujet, emblématique : les techniciens en poste, dépossédés de leur travail de terrain, sont amenés à contrôler le travail des sous-traitants, voire à rattraper leurs erreurs, alors même qu’ils perdent l’expérience pour ce faire, par manque de pratique…

Pour consolider son ancrage territorial, Orange France a souhaité se renforcer sur 3 axes : renforcer les Directions Orange, favoriser la coopération de proximité, et renforcer la cohésion et les équilibres entre central et local. Le passage de 9 à 5 Directions Orange a impacté particulièrement les états-majors de province.

Culturellement, la population impactée ne fait pas remonter ses difficultés. Celles-ci se sont pourtant exprimées dans les cabinets médicaux :

  • notion de « proximité » antinomique avec la réalité de la mise en oeuvre du projet Ancrage (élargissement des territoires, trajets multiples, management à distance)
  • durcissement d’une politique des voyages vs des déplacements nécessaires plus fréquents et plus longs.
  • […]
  • constat d’une fatigue physique et psychique des cadres concernés […] (hyper connexion, horaires à rallonge, conciliation vie privée/vie professionnelle complexifiée)
  • impression d’urgence constante et manque d’anticipation : nouveaux organigrammes bien remplis, postes plus ou moins bien distribués MAIS missions et nouvelles organisations mal définies….
  • harmonisation des pratiques entre les deux DO d’origine souvent difficiles…

Il faut souhaiter que ces difficultés récurrentes exprimées avec plus ou moins d’acuité en fonction des territoires, relèvent d’une période d’adaptation, soient transitoires et trouvent des solutions dans la mise en oeuvre d’ajustements et de nouvelles habitudes de communication. Les médecins seront particulièrement vigilants en ce qui concerne cette population discrète sur ses difficultés.

Position de la CFE-CGC Orange

Des principesà la réalité terrain

Si la délégation CFE-CGC remercie sincèrement toutes les équipes du SST pour le travail réalisé en cette période compliquée de pandémie, elle souhaite montrer que la qualité et les bonnes volontés d’un SST quelles qu’elles soient ne peuvent se traduire dans le quotidien des salariés de l’entreprise que grâce à l’organisation mise en place, et parfois cette organisation pourrait être perfectible.

Au cours d’une réunion téléphonique, une participante à fait part aux collègues connectés qu’elle était victime d’un malaise. Elle se plaignait de maux de tête, de nausées, de courbatures et de sensations de fièvre avec bouffées de chaleur. Elle a indiqué être seule sur son plateau.

Un collègue a quitté la réunion téléphonique pour  lui prêter assistance et constate que la salariée, semi-couchée sur la banquette de l’espace de convivialité central, présentait des signes légers de détresse : pâleur, nausée, vomissements, bouffées de chaleur, faiblesse et courbatures.

Deux autres salariés l’assistaient et une poubelle avait été rapprochée pour servir de vomitoire. Elle sera utilisée à plusieurs reprises.

La manager de la salariée avait été alertée. Mais elle était à distance,  dans une conférence téléphonique qui s’est poursuivie pendant toute la durée de l’incident.

Deux équipiers du PC de sécurité, arrivés une dizaine de minutes plus tard, ont téléphoné aux pompiers qui n’ont pas voulu prendre en charge puisqu’il n’y avait pas « urgence
vitale » et ont dirigé le cas  vers le Samu. Les agents  de sécurité ont ainsi demandé à la salariée de passer cet appel.  Après une longue et inconfortable attente, elle fût mise en relation avec un correspondant qui lui conseilla de rentrer chez elle et de consulter un médecin, alors qu’ elle n’était pas en état de rentrer par elle-même en transport collectif, encore moins de prendre son véhicule personnel. La salariée a finalement téléphoné à son conjoint pour lui demander de venir la chercher. Ce qu’il fera trois quart d’heure après.

A aucun moment les équipes de sécurité n’ont envisagé de conduire la salariée dans un espace plus approprié alors même qu’elle semblait transportable et qu’elles étaient venues avec un fauteuil roulant. A leur décharge, le Service de Santé au Travail était fermé, le site n’a pas/plus d’Infirmerie et  l’existence des salles d’isolement Covid n’est pas connu.

Des constats et des pistes de réflexion :

Un soutien défaillant

  • Une évanescence managériale : à aucun moment la manager, pourtant alertée, ne s’est manifestée directement auprès de la salariée ni ne s’y est fait représenter
  • Une prise en charge perfectible :
    • le PC de sécurité est intervenu rapidement après avoir été appelée, mais dès lors que les pompiers n’ont pas pris la suite, il ne savait plus comment gérer la situation faute sans doute de procédure claire.
    • Le salarié, alors même qu’il est en détresse, doit assurer une bonne part de sa prise en charge. C’est lui qui téléphone au samu, c’est lui qui a du rassembler ses affaires, …
    • Assurer une certaine intimité au salarié n’est pas un réflexe. Vomir, afficher en état évident de faiblesse, parler de sa santé au téléphone avec un médecin se fait en public au vu et au su de tous ces collègues d’étage…
    • L’intimité du salarié n’est pas prise en compte.
    • L’inquiétude du salarié n’est pas accompagnée.
  • Un équipement défaillant pour l’accueil du salarié en détresse
    • Aucun lieu de repos/isolement n’était disponible ou seulement identifié des salariés ou du PC de sécurité. Le Service de Santé au Travail a bien été évoqué mais il était alors fermé et ce n’est pas sa finalité.
    • Aucune intimité n’a été assurée à la victime du malaise (au-delà même de la crise Covid). Cette salariée est restée pendant presque tout cet épisode sur une banquette dans un espace entre les deux couloirs de circulation.
    • La salle d’isolement, n’était pas connue des équipes de sécurité. Il s’agit par ailleurs d’un bureau individuel standard encombré qui ne se distingue que par le rappel du protocole scotché sur la table et une affichette sur sa vitre d’entrée.
    • Pas de sac vomitoire, faute d’équipement, la salariée a dû utiliser une poubelle.

Des mesures Covid ?

Bien que la salariée ait présenté ou fait spontanément part d’un certain nombre de symptômes associés à la Covid, la prise en charge a toutefois semblé standard.

  • La salariée n’a été isolée qu’après plus de trente minutes et devant l’insistance d’un collègue.
  • Aucun périmètre d’isolement n’a été créé durant l’incident.
  • Au contraire, la salariée est restée à quelques centimètres des zones de circulation centrale et principale.

Si nous savons maintenant  que la Covid a été écartée, les personnes présentes n’étaient pas capables de faire ce diagnostic  de manière sûre et des mesures plus énergiques de protection auraient dû, dans le doute, être mise en œuvre.

Cette aventure a d’ailleurs donné l’occasion au médecin du travail du périmètre de rappeler les procédures mises en place par l’entreprise.

Il existe une procédure, datant de 2017 qui devrait être mise à jour pour être adaptée à la nouvelle situation de crise sanitaire CoVid-19.
L’a-t-elle été ?

Cette période doit être l’occasion d’une campagne d’information, de sensibilation des salariés, des managers ou tout autre intervenant concerné par la conduite à tenir en cas d’incident impliquant la santé des salariés sur le site.

La CFE-CGC en fait la demande !



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