Consultation sur le bilan HSCT 2025 de la DO Grand Ouest
Nous constatons, après l’analyse des bilans HSCT 2025 des unités opérationnelles, que les actions de prévention primaire restent insuffisantes, comme pendant les 5 années écoulées. Si certaines commissions SSCT montrent une amélioration du travail collectif, cela ne se traduit pas encore par une politique de prévention suffisamment ambitieuse et anticipatrice.
Nous déplorons le manque de recrutements et le non-remplacement des départs dans de nombreux services, malgré leur connaissance depuis longtemps. Cela entraîne surcharge de travail, désengagement, dégradation des conditions de travail, sans évaluation ni suivi de cette charge supplémentaire.
Cette problématique est illustrée par le nombre insuffisant de préventeurs. Sur le territoire AD Grand Ouest, un seul préventeur couvre un secteur vaste, ce qui a déjà conduit à des visites d’inspection sans préventeur présent. La situation, notamment après le départ du préventeur historique de l’ex-AD Normandie Centre, est inacceptable et incompatible avec les exigences de prévention.
Nous regrettons aussi l’absence de suivi rigoureux des transformations, comme celle de l’AD Grand Ouest, où les suivis à 3, 6 et 12 mois, annoncés en CSEE, n’ont pas été respectés ou ont été réalisés avec retard. De nouvelles évolutions organisationnelles nécessiteront un accompagnement durable.
Les réorganisations à venir, telles que Regain ou Adressage Commercial Entreprise, renforcent nos inquiétudes quant à la volonté réelle de la direction d’améliorer les conditions de travail à moyen et long terme.
Nous soulignons aussi le manque de prise en compte des risques liés à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, alors que le rapport annuel des services de santé au travail alerte sur la dégradation de la santé physique et mentale des salariés.
Les élus CFE-CGC ont constamment dénoncé, dans les commissions SSCT, l’absence d’évaluation de la charge de travail face aux réorganisations, déménagements, nouvelles organisations et transformations. La prévention concernant le télétravail et les risques psychosociaux reste insuffisante, malgré les alertes du terrain.
Nous déplorons également que la charge de travail des managers, qui doivent accompagner ces réorganisations et la réduction des effectifs, soit peu prise en compte dans les plans de prévention.
Concernant l’UCI Normandie Centre, la hausse des accidents du travail liés aux déplacements professionnels, quatre fois plus nombreux qu’avant, est préoccupante. Si la fréquence diminue, la gravité augmente, traduisant des accidents moins nombreux mais plus graves. La réaction de l’entreprise est trop lente face à ces enjeux.
Nous regrettons aussi la diminution du nombre de salariés formés au secourisme, remplacés par la formation « Gestes qui sauvent », moins complète, ce qui peut compromettre la sécurité sur le terrain.
Les accidents du travail des prestataires doivent faire l’objet d’un bilan semestriel en CSSCT, avec partage des méthodes de prévention.
Les formations, sensibilisations doivent être renforcés et les équipements de prévention doivent être renouvelés/inspectés/accrus ? Chaque salarié devrait bénéficier chaque année d’une formation obligatoire sur les risques professionnels, au même titre que celles sur la cybersécurité ou l’éthique.
Nous déplorons le manque de visibilité sur les projets de ré-internalisation, qui empêchent d’évaluer leurs impacts sur la charge, les compétences ou les conditions de travail.
Concernant la CSSCT EM, si des progrès ont été faits sur les risques psychosociaux, l’augmentation des accidents de travail et de trajet montre que des efforts doivent continuer. Nous partageons la nécessité de visites de terrain régulières, d’un suivi trimestriel des indicateurs, et d’un investissement à la hauteur des enjeux.
Nous déplorons aussi le travail souvent réalisé dans l’urgence, avec des documents incomplets ou transmis tardivement. Sur les SDIT, le non-respect des préconisations des mandatés, sans réaction des présidents de CSSCT, traduit un manque de transparence et de dialogue social.
Enfin, nous demandons que les mandatés des commissions SSCT soient systématiquement associés aux analyses d’impact humain dans les groupes de travail Avis de la CFE-CGC Nous formons le vœu que l’ensemble de ces signaux d’alerte remontés du terrain soient enfin pleinement entendus et pris en compte. C’est pourquoi les élus de la CFE-CGC Orange se sont abstenus pour cette consultation.