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Le dossier
3 ans après le projet DTSI Demain, en octobre 2024, la DTSI a éclaté entre la DTOF et la DSI.
En 2025, la DSI adopte un Nouveau Modèle Organisationnel. Ce « projet long », selon la Direction, réorganise la DSI par externalisation progressive de grappes applicatives auprès d’entreprises de services numériques (ESN), appelées « partenaires », par lots successifs d’environ dix-huit mois.
Cette itération 2 concerne 119 applications, et 178 salariés répartis sur trois domaines (DEFY, DRS et FALCO), 27 pôles, et 13 sites.
La direction assure que tous les salariés auront un poste à l’issue de ce « projet long ». Cependant, 72 auront un repositionnement complet (S4), et 106 une évolution d’activité (S3).
Analyse de la CFE-CGC Orange
Ce dossier était présenté au CSE DTSI des 23 et 24 juin 2026, et une expertise menée par le cabinet SSCT Expertise a été votée.
Cette expertise, qui fait suite à l’expertise SYNDEX sur l’itération 1, pointe, entre autres, les failles suivantes :
- Des difficultés de gouvernance et de responsabilité dans la conduite du projet, le « Cœur de métier » et le schéma directeur du projet ne sont pas identifiés y compris par les « porteurs » (mal définis !) ; l’agilité est le maître mot,
- Une prévention primaire insuffisante avec des risques qui ne sont pas suffisamment évalués à chaque étape de ce projet,
- Les listes des applications à transférer sont identifiées à partir du Build mais s’appliquent également au Run alors que les activités diffèrent,
- Le projet est structuré autour des achats et des appels d’offres auprès des entreprises de services numériques (ESN),
- Les impacts sur la santé des personnels et la prévention n’ont pas fait l’objet d’attentions particulières de la part de la Direction : elle avait pourtant à sa disposition certaines données avant l’itération 2 : (accidents, ALD, visites médicales en hausse). Les salariés concernés ont clairement exprimé les problèmes de stress, leurs troubles du sommeil, leur anxiété, leurs pleurs, leurs arrêts du travail et leur recours aux soins,
- Un déploiement du projet sans aucune mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) par unité de travail,
- L’arrêt du suivi opérationnel trimestriel du projet au sein de la CSSCT DSI. La direction se prive de la structure dédiée au sujet de la Santé, Sécurité et des Conditions de Travail du personnel de la DSI alors qu’elle affirme faire de la prévention
Dès fin 2025, 19 médecins du travail alertent la direction sur les impacts ravageurs – surtout sur les managers – de ce Nouveau Modèle Opérationnel qui fait suite à trop de transformations successives.
Que l’entreprise soit d’accord ou non, la DSI se trouve dorénavant dans une démarche de restructuration permanente, sans retour à l’état stable entre les étapes.
- Le patrimoine cumulé d’applications concernées est de l’ordre de 2 000.
- L’itération 1 a débuté en juillet 2025 et sa phase de transition s’engage à l’été 2026. 50 applications sont concernées.
- L’itération 2 démarre alors que le bilan de l’itération 1 n’est pas terminé. La consolidation du périmètre applicatif est annoncée pour septembre 2026. 119 applications sont concernées.
- C’est à la demande des élus que les itérations font l’objet de consultations en CSE DTSI
- Certains salariés cumulent les 2 itérations.
- Pour assurer la transmission de la continuité de l’activité, le surengagement des managers et des collectifs est la seule solution trouvée, avec un coût individuel potentiellement élevé.
- Lorsque les salariés expriment leurs inquiétudes, ils ont l’impression de ne pas être écoutés, faute d’espaces pour échanger sur les difficultés du travail réel.
- Au cours de l’expertise, certains entretiens ont même dû être interrompus à cause du stress des salariés,
- Résultats des 3 sondages : 94% des salariés répondants sont anxieux, 99% des répondants évoquent des problèmes de stress, de sommeil, voire burnout.
- Ce qui n’est pas traité redescend dans les niveaux hiérarchiques inférieurs et sur les équipes.
Les remontées des personnels sont légitimes. Les salariés sentent qu’elles ne sont pas prises en compte. La Direction n’a pas identifié les points de tension dans son organisation. Elle a défini un cadre de contraintes et laisse les équipes et salariés se débrouiller avec.
Vos élus de la CFE-CGC Orange ont demandé le report de l’avis sur ce dossier, le temps d’obtenir les réponses manquantes. Cette demande fut refusée.
Les élus ont donc unanimement déposé une alerte Danger Grave et Imminent auprès de la Direction, pointant le malaise des équipes concernées par cette restructuration permanente, lancée coute que coute.
La Direction a organisé une enquête avec les signataires, puis convoqué la CSSCT DSI. Ces 2 réunions n’ont pas permis de constater la fin du danger. En conséquence, sur le plan juridique, cette situation entraîne la saisine de l’Inspection du Travail.
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