Lors de son Assemblée Générale du 19 mai 2026, la Direction d’Orange a annoncé une hausse du dividende, qui passera de 0,75 € à 0,79 € par action l’année prochaine.

Depuis cette annonce, le cours de l’action a pourtant chuté de 18,68 € à environ 14 €, soit une baisse de plus de 25%. La capitalisation boursière du groupe s’est ainsi réduite de près de 12 milliards d’euros. Cette évolution illustre clairement la décorrélation entre un cours de Bourse et un niveau de dividende.

Cet effondrement constitue un sérieux avertissement : une distribution plus généreuse ne suffit pas à dissiper les interrogations concernant la stratégie du groupe, son endettement et sa capacité à créer durablement de la valeur.

Le montant du dividende relève d’un choix et non d’une obligation automatique. En décidant de l’augmenter, la Direction privilégie une distribution accrue de la trésorerie aux actionnaires, principalement étrangers, alors même qu’Orange doit investir dans ses réseaux, la cybersécurité, le cloud, l’intelligence artificielle et la qualité de service.

Cette décision intervient alors que la dette nette apparente du groupe atteint près de 40 milliards d’euros.

Le 31 juillet 2026, Bpifrance a cédé environ 2,5% du capital d’Orange, soit 66,5 millions d’actions, au prix de 16,57 € par action. Cette opération lui a rapporté environ 1,1 milliard d’euros. Si Bpifrance évoque une gestion active de son portefeuille, cette vente soulève néanmoins une question politique et stratégique : pourquoi l’un des actionnaires publics de référence réduit-il sa participation avec une décote de près de 8% au moment même où la Direction augmente le dividende et invite les marchés à croire en l’avenir du groupe ?

La politique de rémunération des dirigeants renforcent ces interrogations. L’augmentation annoncée d’environ 70% des actions gratuites attribuées à la Directrice Générale envoie un signal particulièrement malvenu : davantage de rémunération variable en actions pour les dirigeants et de dividendes pour les actionnaires, tandis que les salariés subissent des contraintes, des réorganisations et des exigences accrues.

Comment justifier une distribution en hausse d’actions gratuites pour quelques-uns alors que la Direction impose une modération salariale qui réduit le pouvoir d’achat et est obsédée par la réduction des coûts qui la conduit à délocaliser massivement ? Ne doit-elle pas plutôt se préoccuper d’une dette en forte progression dont la charge d’intérêt devient de plus en plus coûteuse ?

La CFE-CGC Orange demande de rompre avec une politique qui privilégie la rémunération immédiate des actionnaires, tandis que les salariés doivent attendre les hypothétiques résultats de transformations toujours plus fréquentes et incohérentes. La Direction doit revoir ses priorités et placer un véritable projet industriel au premier plan.

Orange est une entreprise stratégique pour notre pays. Son avenir ne peut se résumer à un dividende en hausse, une dette plus lourde et des réductions de coûts. La Direction doit démontrer que ses décisions servent durablement l’entreprise, ses clients, les territoires et ses salariés.

Le dividende augmente, le cours baisse, Bpifrance réduit sa participation et les actions gratuites des dirigeants progressent fortement : les salariés sont en droit d’exiger une stratégie cohérente, transparente et équitable.

 

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