Procès France Télécom, jour 9 : « Une inhumanité que je n’aurais pas pu imaginer »

  • François BRESSY

didier lombard 052019 2

Photo : Lionel Bonaventure / AFP

Le début de cette 3ème semaine de procès, ce lundi 20 mai, a vu Didier Lombard, Olivier Barberot et  Louis-Pierre Wenès donner leurs propres versions de la réunion de l’ACSED de France Télécom, du 20 octobre 2006, décrite par Yves Montagnon, ancien directeur adjoint d’unité, comme « l’acte fondateur » de cette période, durant lequel « le cap des 22 000 [NDLR : départs] est affirmé ». Niant avoir prononcé certaines phrases – pourtant consignées dans les retranscriptions de la convention –, ils se sont attachés à contester certaines interprétations ou à minimiser la portée de leurs discours : « je fais des gaffes tout le temps », affirmait ainsi Didier Lombard. Seule Nathalie Boulanger-Depommier, ex-directrice des actions territoriales, concédait avoir été mal à l’aise lors de cette convention.

Plus d’informations dans L’Expansion – 20 mai 2019

La 2ème partie de l’après-midi était consacrée à des témoignages d’ex-employés de France Télécom. Monique Fraysse-Guiglini, médecin du travail, venait ainsi décrire la souffrance des salariés à cette époque : « tout est fait pour les déstabiliser ». Ils sont « malades » – au sens propre (syndromes anxio-dépressifs, troubles du sommeil ou de l’appétit, syndromes addictifs) – « de voir des équipes qui fonctionnaient bien être cassées ». Confrontée à une « inhumanité » qu’elle n’aurait « pas pu imaginer à France Télécom », elle se heurte au déni de la direction.

Plus d’informations dans BFM TV – Frédéric Bergé – 21/05/2019

Yves Montagnon, ancien directeur adjoint d’unité, témoignait pour sa part des consignes données aux managers de « fabriquer des volontaires » au départ, en les mettant « en inconfort ».

Enfin, Pierre Papon, ancien responsable environnement du travail, estimait qu’à cette période, « le travail en mode dégradé » est progressivement devenu « la norme » (…) « Il fallait générer du cash en rationalisant le travail ».


À la Une

Quality Jobs Act : comment l’Union européenne veut encadrer l’intelligence artificielle au travail

  • CIT Numérique

La seconde phase de consultation des partenaires sociaux européens sur le futur Quality Jobs Act s’est achevée le 28 septembre. La Commission n’a pas encore publié la synthèse des contributions reçues. Le cadre soumis à la discussion permet néanmoins d’identifier les questions qui devraient structurer la prochaine étape de la régulation européenne de l’intelligence artificielle […]