L’actualité récente nous le rappelle durement : la qualité de service, la sécurité des salariés et la bonne conduite des transformations sont des réalités du quotidien, pas des concepts de séminaire.
Panne du 21 octobre
Pendant près de dix heures, des millions de clients Orange ont été privés d’appels, de SMS et d’internet mobile. L’entreprise évoque une défaillance logicielle au cœur du réseau, que les équipements de secours n’ont pas réussi à contenir.
Nous saluons la mobilisation des équipes techniques, qui ont travaillé dans l’urgence pour rétablir le service. Mais on ne peut pas se contenter de parler d’un « incident majeur et inédit ». Quand un opérateur qui se veut leader tombe en panne alors que des systèmes de secours sont censés le protéger, la question n’est plus seulement technique : elle est aussi organisationnelle et sociale.
La CFE-CGC demande que les leçons soient tirées sans complaisance : des effectifs suffisants, des compétences préservées, des dispositifs de secours vraiment fiables et la reconnaissance de ceux qui assurent la continuité de service. On ne peut pas exiger toujours plus de performance des équipes, puis découvrir que le réseau reposait sur un logiciel défaillant.
Violences du 17 octobre
Lors des manifestations, plusieurs boutiques Orange ont été vandalisées, notamment à Paris, Rouen, Lyon, Bordeaux, Rennes, Nantes, Montpellier et Grenoble.
La CFE-CGC condamne fermement ces violences. Elles touchent d’abord des salariés de proximité, qui n’ont rien décidé et se retrouvent en première ligne. Nous demandons que la protection du personnel, l’évaluation des risques, les dispositifs d’alerte et l’accompagnement après incident soient pris au sérieux.
Projet ACE (Adressage Commercial Entreprise)
Ce projet bouleverse l’organisation commerciale du marché Entreprises. Il touche directement la DOGO et pourrait aussi concerner nos collègues de l’AGPRO PME. La CFE-CGC l’a contesté en commission Entreprise du CSEC et a obtenu l’ouverture de négociations sur l’accompagnement, la reconnaissance des compétences, la charge de travail et les garanties de rémunération. Changer de métier, notamment pour les futurs TSS, n’est pas une « évolution naturelle ». Cela demande du temps, de la formation, des outils fiables, des portefeuilles répartis équitablement et des règles de rémunération variable claires. Or la direction reconnaît elle-même que tous les outils ne seront pas prêts au 1er janvier 2027 et que les objectifs 2027 ne sont pas encore définis.
La CFE-CGC refuse que les salariés compensent seuls, par leur capacité d’adaptation, les retards et les zones d’ombre du projet. Nous demandons des engagements concrets :
▪ clarifier les conséquences sur les contrats ;
▪ planifier une formation, avec du temps dédié ;
▪ garantir la rémunération pendant la transition ;
▪ fixer des critères objectifs de répartition des portefeuilles ;
▪ prévoir des effectifs adaptés et un vrai accompagnement managérial.
Dialogue social
Nous demandons plus de cohérence entre le CSEC et les CSE d’établissement. Quand on découpe les sujets et qu’on renvoie les questions importantes d’une instance à l’autre, ce n’est plus du dialogue social, c’est de la gymnastique institutionnelle. Les salariés ont besoin d’interlocuteurs clairs, de délais réalistes et de décisions suivies d’effets.