boutique orange 112020

Face à la recrudescence des braquages dans les boutiques Orange, la CFE-CGC a adressé un courrier à Jean François Fallacher CEO d’Orange France, pour exiger des mesures concrètes de sécurité et une reconnaissance systématique des incidents comme accidents de travail. Ce message porte les voix des salariés confrontés à une insécurité croissante et rappelle à l’employeur son obligation de garantir leur protection et leur bien-être. Découvrez les propositions et revendications formulées pour protéger nos collègues sur le terrain.

Monsieur le Directeur exécutif,

La multiplication des braquages violents dans les boutiques Orange constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des salariés. Ces actes, en constante augmentation, laissent des séquelles durables tant sur le plan physique que psychologique. Nos collègues, qu’ils soient victimes ou témoins de ces agressions, expriment une peur croissante qui rend leur quotidien professionnel de plus en plus éprouvant.

Des séquelles psychologiques indéniables

Les braquages laissent des traces profondes chez les collègues touchés : troubles anxieux, insomnies, dépressions, et pour certains, une incapacité à reprendre leur poste. Ces conséquences psychologiques ne peuvent être ignorées et nécessitent un soutien adapté ainsi qu’une reconnaissance des traumatismes subis.

Recensement des incidents signalés dans les boutiques

Depuis le début de l’année 2023, les braquages se multiplient, frappant un grand nombre de boutiques Orange à travers la France. Les données recensées pour les années 2023 et 2024 montrent une propagation inquiétante de ces actes violents :

  • Montélimar : 3 incidents signalés.
  • Ambérieu-en-Bugey, Saint-Paul-lès-Dax, Angoulême, Montrouge (92), L’Isle-d’Abeau, et Brignoles : 2 incidents chacun.
  • Narbonne, Montbrison, Oyonnax, Ferney-Voltaire, Langon, Montigny-le-Bretonneux (78), Coulommiers (77), Issy-les-Moulineaux (92), Auch, Nîmes Cap Costière, Pamiers et tout récemment, Créteil : 1 incident par boutique.

Ces données démontrent que les braquages ne se limitent pas à une zone géographique restreinte mais affectent des boutiques situées dans des contextes variés, urbains comme ruraux. La répétition de ces événements dans des lieux comme Montélimar, qui a connu 2 braquages et 1 cambriolage, ou Angoulême et ses environs, avec plusieurs incidents, souligne la nécessité urgente d’une intervention renforcée.

Ces chiffres ne sont pas qu’un constat statistique : ils traduisent l’insécurité constante vécue par nos collègues, qui opèrent désormais dans des conditions de travail dangereuses. Il est impératif de prendre en compte cette situation dans son intégralité pour protéger les salariés et garantir leur bien-être.

Une obligation de résultat pour l’employeur

En tant qu’employeur, Orange a une obligation de résultat en matière de sécurité, comme l’exige le Code du travail : Article L4121-1[1]. Cela implique de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger efficacement les salariés. Aujourd’hui, il est impératif d’aller au-delà des mesures préventives et de garantir des résultats concrets et mesurables. Cela passe notamment par :

  • Le renforcement des systèmes de sécurité dans les boutiques, en incluant des dispositifs adaptés tels que des caméras de surveillance, des agents de sécurité et des sas de sécurité ;
  • La mise en place de formations spécifiques pour tout le personnel, en présentiel, par des professionnels de la sécurité pour les braquages, et des experts en communication pour la gestion des incivilités ;
  • Un accompagnement psychologique systématique et renforcé après chaque braquage.

Des attentes précises et immédiates

En complément de ces mesures de prévention, la CFE-CGC Orange demande que ces agressions soient systématiquement déclarées en accidents de travail et de service, comme l’exige le Code de la Sécurité Sociale : Article L441-2 [2], ce qui témoignerait d’une reconnaissance tangible de l’impact de ces violences sur les salariés. Nous demandons également une meilleure adaptation des objectifs commerciaux pour les boutiques situées dans des zones particulièrement exposées, afin de refléter la réalité des conditions de travail.

Un enjeu humain et économique

Il est important de souligner que l’insécurité actuelle a aussi des répercussions économiques importantes. Les arrêts maladie prolongés, directement liés aux traumatismes subis, affectent la productivité des équipes. De plus, les ajustements sur les stocks de téléphones à forte valeur pour réduire l’attrait des braquages entraînent des pertes commerciales et peuvent détourner les clients vers la concurrence.

Nous vous demandons donc d’agir rapidement et efficacement pour répondre à cette situation préoccupante.

Dans l’attente de vos actions concrètes sur ce dossier, nous restons à votre disposition pour échanger sur les solutions envisageables. Il en va de la sécurité, de la santé et du bien-être de nos collègues.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur exécutif, l’expression de nos salutations distinguées.

[1] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035640828

[2] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006743085

Lire le courrier en PDF


Articles complémentaires

  1. [DOAG] – Enquete DEAG-DTAG-DMSC – Aout 2026 Alerte DEAG-DTAG-DMSC : Des constats clairs, des attentes fortes ! En juillet 2025, plusieurs salariés de la DEAG nous ont fait part de problèmes organisationnels récurrents et de l’impact sur leur personne. La CFE-CGC a donc déclenché immédiatement une Alerte auprès de la Direction pour connaitre les conséquences psycho-sociales ; cette investigation a permis aux salariés de la […]
  2. Alerte sur le déploiement de Salesforce et dysfonctionnements dans la gouvernance des projets métiers En 2025, l’entreprise avait annoncé que Salesforce remplacerait l’outil Mercure en tant que système de gestion de la relation client (CRM). À cette occasion, la Direction Pro-PME et la Direction du Système d’Information (DSI) avaient sollicité chaque métier pour élaborer un cahier des charges rigoureux, destiné à prendre en compte les besoins terrain spécifiques de […]
  3. Incendies en Nouvelle Aquitaine : 11 réponses aux questions des salarié(e)s Les récents feux de forêts ont entrainé un grand nombre de fermetures d’entreprises et le déplacement d’un grand nombre de salariés. Au 30 juillet, ce sont près de 19500 établissements et près de 61 500 salariés qui étaient concernés. Pour limiter les impacts de cette crise sur l’emploi et sur les entreprises, l’activité partielle peut-être […]
  4. Un CSE Extraordinaire obtenu par la CFE-CGC suite aux incendies en Gironde et dans les Landes À la demande de la CFE-CGC, un CSE extraordinaire s’est tenu ce jeudi 30 juillet pour faire le point sur la gestion de la crise des feux de forêt qui touchent la Gironde et les Landes. Plus de 1 100 salariés de la DO Grand Sud-Ouest sont concernés. Voici ce qu’il faut retenir des échanges, […]
  5. L’ESSENTIEL DU CSEE DO IDF DE JUILLET 2026 Au sommaire de l’Essentiel du CSEE de la DO Île-de-France des 22 et 23 juillet 2026 : Politique sociale, emploi et conditions de travail : bilan 2025 emploi, perspectives et compétences  Pôle Obligations Légales de Paris : dénonciation d’usage et mise en conformité des déclarations des heures et périodes d’astreinte Recrutement d’un préventeur au sein […]

À la Une

Incendies en Nouvelle-Aquitaine : quand le paritarisme apporte des réponses concrètes aux salariés

  • CIT LOGEMENT

Alors que les incendies qui ravagent actuellement la Gironde et les Landes bouleversent la vie de nombreuses familles, Action Logement a activé un dispositif d’urgence exceptionnel pour accompagner les salariés sinistrés. Fidèle à sa mission d’utilité sociale, le Groupe mobilise immédiatement ses équipes afin de proposer un diagnostic personnalisé, des aides financières pour faire face aux premières dépenses, […]