
Le travail mené par la CFE-CGC Orange en commission Entreprise du CSEC a permis de challenger le projet ACE, « Adressage Commercial Entreprise ». De premiers engagements ont été obtenus, mais ils ne suffisent pas à sécuriser les conséquences de cette transformation pour les personnels. La CFE-CGC Orange demande l’ouverture rapide de négociations sur l’accompagnement, la reconnaissance des compétences et des qualifications, la charge de travail et les garanties de rémunération.
Un travail syndical qui a opérationnalisé le projet
Les travaux de la commission Entreprise du Comité social et économique central ont permis un examen approfondi du projet ACE. La CFE-CGC Orange s’est appuyée sur ces échanges pour confronter les annonces de la Direction aux réalités des métiers et aux conditions concrètes de mise en œuvre de la nouvelle organisation.
Ses analyses et ses interventions ont mis en évidence des incertitudes sur des éléments essentiels : des objectifs commerciaux encore en construction, des simulations ne permettant pas aux salariés de mesurer les conséquences du nouveau dispositif sur leur rémunération, des parcours de formation à préciser, ainsi que des outils et des moyens de soutien insuffisamment stabilisés. La composition des portefeuilles clients reste également un sujet déterminant, puisqu’elle conditionne directement la capacité à atteindre les objectifs.
Ces insuffisances ne relèvent pas de simples ajustements techniques. Elles concernent le métier que chacun exercera, les moyens dont il disposera et la rémunération qu’il pourra percevoir. La Direction ne peut pas demander aux équipes de s’engager dans une nouvelle organisation sans leur donner de visibilité sur ces points.
De premiers engagements, mais pas encore de garanties suffisantes
La qualité des échanges en commission a permis de faire préciser les intentions de la Direction et d’obtenir de premières avancées. La direction des ressources humaines de la Direction Entreprises France a notamment accepté le principe d’une reconnaissance salariale du passage des métiers de Business Manager et d’ingénieur avant-vente vers les fonctions de Technical Sales Specialist, spécialistes commerciaux techniques. Cette reconnaissance reste toutefois à formaliser, à chiffrer, à dater et à financer.
Un engagement de principe ne constitue pas une garantie effective. Les salariés doivent savoir ce qui leur sera reconnu, selon quels critères et à quelle échéance.
Le travail en commission a permis de documenter les difficultés et de porter des propositions. Il ne remplace pas une négociation sur les conséquences de la transformation et les protections à mettre en place.
C’est le sens du courrier adressé par la CFE-CGC Orange à la direction de DEF, à sa direction des ressources humaines, à la direction d’Orange France et aux relations sociales du Groupe : ouvrir rapidement des négociations pour accompagner les personnels concernés par ACE.
Former avant d’exiger la performance
La montée en compétences doit être organisée, financée et compatible avec l’activité quotidienne.
Les salariés doivent connaître le contenu, la durée et les modalités de leur parcours de formation suffisamment tôt pour préparer leur prise de poste. Ils ne doivent pas découvrir les exigences de leur nouveau métier alors que leurs objectifs commerciaux s’appliquent déjà.
La CFE-CGC Orange demande que les formations se déroulent sur le temps de travail, sans report implicite sur le temps personnel. Les objectifs doivent être adaptés pour tenir compte des périodes de formation et du temps nécessaire à l’acquisition de l’autonomie. Exiger une pleine performance alors que les compétences, les outils et les soutiens sont encore en cours de déploiement reviendrait à faire supporter aux salariés les insuffisances de préparation du projet.
Reconnaître les compétences et les qualifications
Un changement de métier, de responsabilités ou de niveau d’expertise doit se traduire par une reconnaissance professionnelle et salariale.
La CFE-CGC Orange demande que la transformation bénéficie de l’enveloppe consacrée aux parcours professionnels, dite PMPP, prévue dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Mais l’accompagnement d’ACE ne peut pas se réduire à la mobilisation d’une enveloppe existante.
La négociation doit préciser les compétences et les qualifications reconnues, les salariés concernés, les critères d’attribution et les modalités de reconnaissance salariale. Les engagements doivent être explicites et connus des personnels.
Encadrer la charge de travail et adapter les objectifs
Les équipes ne peuvent pas absorber sans moyens supplémentaires toutes les exigences de la transition : maintenir l’activité commerciale, suivre les formations, s’approprier de nouveaux outils et prendre en charge des portefeuilles modifiés.
La charge de travail doit être évaluée à partir des conditions réelles d’exercice, et non de la seule organisation cible. Les objectifs doivent être cohérents avec les moyens disponibles, le contenu des portefeuilles et le temps consacré à la montée en compétences.
La CFE-CGC Orange demande un suivi associant les représentants du personnel, avec des points d’étape permettant d’identifier les difficultés et de corriger les écarts. Ce suivi doit intégrer la charge de travail, la santé des salariés et la prévention des risques psychosociaux.
Protéger la rémunération pendant toute la transition
Les salariés n’ont pas à financer la transformation par une baisse de leur rémunération.
Les changements de métier, de portefeuille et de règles de rémunération variable doivent être accompagnés de garanties adaptées. Chacun doit pouvoir comprendre les nouvelles règles, mesurer leurs conséquences et connaître les protections dont il bénéficiera.
La CFE-CGC Orange demande que ces garanties couvrent la durée réelle de la transition et les différents métiers concernés. Leur portée ne peut pas être définie indépendamment du temps nécessaire pour se former, maîtriser les outils et développer l’activité sur un nouveau périmètre. Elle demande également que les rémunérations effectivement versées soient comparées aux simulations présentées, afin de vérifier les effets du dispositif et de permettre les corrections nécessaires.
La Direction doit maintenant ouvrir les négociations
La Direction doit répondre par des engagements négociés sur l’accompagnement, les qualifications, la charge de travail et la rémunération.
La CFE-CGC Orange demande qu’une première réunion soit programmée dans les meilleurs délais. Les avancées obtenues en commission doivent désormais être prolongées par des garanties précises, applicables et vérifiables.
La réussite d’ACE ne peut pas reposer sur la seule capacité d’adaptation des équipes. La Direction doit donner aux salariés les moyens d’exercer leur métier, le temps d’acquérir les compétences attendues et les protections nécessaires pour ne pas subir financièrement ou professionnellement les incertitudes du projet.
Vos correspondants CFE-CGC Orange :
Valérie Vincent – 06 75 09 49 72
Christophe Moinier – 06 08 70 66 54
Eddy Jegou – 06 31 14 33 85
Cyril Cordier – 06 81 71 39 10
Frédéric Despres – 06 73 69 47 40