Pourquoi et comment la CFE-CGC signe le contrat de génération

Faisant suite à la loi des 5 et 6 février 2013 et de son décret d’application du 16 mars 2013, la direction du groupe Orange a ouvert en mai une négociation en vue de la conclusion d’un accord inter-générationnel avant fin septembre 2013. L’esprit de la loi, impulsée par François Hollande, est de favoriser l’embauche de « jeunes » tout en repoussant le départ à la retraite des seniors en favorisant le lien social par la transmission des savoirs et compétences.
Ainsi 9 séances de négociation ont eu lieu jusque fin septembre. Peu d’avancées voire aucune avancée n’a été obtenue jusqu’en septembre. La direction se cantonnait à son projet d’écrire un accord répondant aux termes de la loi, en utilisant l’arsenal d’accords signés depuis 2010, arrivée de Mr Stéphane Richard. Les accords senior, conditions de travail, Temps Partiel Senior, télé-travail, Egalité Professionnelle… fournirent la majorité des modules du nouvel accord.
Les négociateurs fixèrent l’âge du jeune à moins de 30 ans et confirmèrent celui du senior – comme auparavant- à 55 ans et plus.
Dès le mois de mai, pourtant le CFE-CGC avait fixé le cap de sa démarche en réclamant 1000 embauches supplémentaires de jeunes lors du CCUES de mai. LA CFE-CGC avait pris la direction au mot en gardant la proportion recrutements externes CDI / Départs à la retraite que la direction avait elle-même fixée pour la période 2013-2015 : 4000 embauches pour 9000 départs à la retraite prévus ,ces 9000 ayant été revus à la hausse à 11000 en mai dernier pour la période 2013- 2015.
Début septembre, la direction sourde à notre demande s’est vue refuser notre accord pour l’accord ! Elle a donc sorti in-extremis un plan spécifique très haut débit, pour accélérer le déploiement du très haut débit sur notre territoire pour les années à venir. 1 000 alternants supplémentaires aux 5000 -déjà-existants en permanence dans notre groupe, sur les métiers techniciens et techniciens supérieurs avec des diplômes de bacs professionnels et BTS. Sur ces 1000 alternants, seuls 500 se verraient proposer un contrat CDI à l’issue de leurs alternances.
La CFE-CGC a donc refusé cette première approche en poursuivant la négociation et en maintenant la pression comme elle l’avait signifié à la direction en CCUES de septembre.
Fin septembre, peu avant le terme de la négociation, la direction est revenue avec une proposition de 800 embauches réparties sur les années 2015 (400 en 2015) et 2016 (400 en 2016), selon la durée des diplômes préparés à partir de la rentrée 2014.

La CFE CGC a donc -après d’ultimes propositions- décidé de signer cet accord prévoyant 800 embauches supplémentaires.
Pourquoi ne pas signer : 800 embauches sont certes insuffisantes en regard des départs massifs prévus pour les années prochaines.
Pourquoi la CFE-CGC a signé cet accord le 27 septembre ( ainsi que la CFDT et la CGT) :

  • 1000 alternants supplémentaires aux 5000 déjà prévus concrétisent un effort supplémentaire de notre groupe à l’insertion des jeunes à la vie professionnelle. Dans un contexte d’extrême concurrence, des résultats économiques de notre groupe en baisse, et des concurrents qui licencient !
  • Cet engagement de 400 embauches dès 2015, suivies de 400 embauches en 2016, a également pour conséquence de battre en brèche le seuil des 4 000 embauches. Parmi ces 4000 embauches CDI, 2500 embauches sont réservées aux jeunes de de moins de 30 ans selon le calendrier suivant : 800 en 2013, 900 en 2014 et 800 en 2015. Ces 4000 embauches avaient été définies par la direction et présentées comme intangible et non-négociable ! Pour la CFE-CGC, cette ouverture sera à repréciser d’ici 2015, selon le nombre des départs observés et le climat de l’entreprise résultant de l’activité et des départs… à suivre !

La CFE-CGC continuera à proposer des pistes d’amélioration pour les jeunes notamment en facilitant leur accès aux logements grâce à l’aide de notre groupe.

En conclusion, la CFE-CGC Groupe Orange a signé cet accord pour favoriser l’emploi des jeunes, mais nous aurions préféré que le gouvernement ne réclame pas le versement du dividende cette année pour permettre plus d’embauches et  investir sur nos axes de croissance dans un monde où la concurrence est très rude.


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