Etre proche aidant, qu’est-ce que c’est ?

« Est considéré comme un aidant familial, […] le conjoint, le concubin, la personne avec laquelle la personne handicapée a conclu un pacte civil de solidarité, l’ascendant ,le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré de la personne handicapée, ou l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré de l’autre membre du couple qui apporte l’aide humaine définie en application des dispositions de l’article L. 245-3 du présent code et qui n’est pas salarié pour cette aide […] ». Article R245-7 du Code d’action sociale et des familles.

Etre aidant familial c’est venir en aide (soins, accompagnement, …) à un membre de la famille (conjoint, enfant, parent…) sur une période de courte à permanente, soit à titre professionnel (salarié de l’adulte en situation de handicap) soit en plus de l’activité professionnelle. La notion de proche aidant implique un cercle plus large (voisins, amis…).

Le droit au répit est inscrit dans le Code d’action sociale et des familles (art.L114-1-1) : ce droit a pour but la protection de leur santé physique et psychique (épuisement) et se traduit sous différentes formes telles que l’accompagnement à domicile, l’accueil temporaire dans des structures….

Il faut attendre 2014 pour que les salariés puissent faire don de RTT à un collègue.

Travailler et être proches aidants, c’est possible ?

4 à 5 millions d’aidants familiaux selon les sources sont en activité professionnelle soit la moitié d’entre eux. Cette proportion va tendre à augmenter puisque selon l’INSEE, entre 2005 et 2050, l’augmentation des personnes de plus de 60 ans est de 50% (soit 1/3 de la population en 2050).

Les aidants familiaux ont en moyenne 52 ans (et certains le sont dès 16 ans !) et sont majoritairement des femmes.

«L’activité professionnelle représente un point d’équilibre permettant […] de se ressourcer et de tenir. Car le travail, c’est aussi des collègues et des amis auxquels il est possible de se confier, avec lesquels on peut échanger et se changer les idées »

Le Bihan-Youinou B. et Marti n C., 2006, « Travailler et prendre soin d’un parent âgé dépendant», Travail, genre et sociétés

Quel engagement des entreprises ?

Certaines entreprises ont bien compris que ce sujet est important et les accords d’entreprise augmentent. Le Groupe Casino a inclus dans son accord les aidants familiaux ce qui a permis au Groupe d’obtenir un prix OCIRP en juin 2016. Cette initiative date de 2011 et s’articule autour de 5 points :

  • la diffusion d’informations
  • la création d’ateliers
  • la signature de l’accord (congé aidant familial)
  • la mise à disposition d’une assistance téléphonique gratuite
  • la prise en compte de la particularité dans le management

https://informations.handicap.fr/art-casino-aidants-familiaux-1014-8903.php

Et chez Orange ?

Petite avancée côté dons de jours puisque depuis le 1er janvier 2017, l’extension est faite pour les conjoints. Cependant, depuis octobre 2016, aucun retour de la part de la direction sur une réflexion en cours. Nous avons donc demandé l’ouverture de négociations :

http://www.cfecgc-orange.org/handicap/

L’observatoire sur la responsabilité Sociétale des Entreprises en partenariat avec l’Union Nationale des Associations Familiales a publié un guide en 2014 à l’attention des entreprises :

http://www.orse.org/nos-publications/guide-a-destination-des-entreprises-sur-les-salaries-aidants

Les entreprises, en s’investissant sur le sujet, obtiennent des bénéfices tels que la réduction des congés maladie et retards, un meilleur engagement de la part des équipes, ….

Véritable sujet de société, il est surprenant qu’une entreprise comme Orange ne se soit pas saisie du sujet. La CFE-CGC a réclamé le 12 avril 2017 l’ouverture de négociations.

Orange a donc jusqu’au 12 septembre si elle veut faire partie des entreprises lauréates au prix Entreprise & Salariés Aidants2017 www.prix-entreprise-salaries-aidants.fr


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